Fabrice Pincin

M. Fabrice PINCIN
fpincin@free.fr


DEA de Veille Technologique et Intelligence compétitive
Faculté des sciences et techniques de St Jérôme, Aix Marseille III
1989 – 1992
Diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle, ENSCI, Paris 1986 – 1988
BTS Conception de Produits Industriels, Lycée National d’Enseignement Technologique, Agen

Expériences professionnelles
Design
2011
Auteur du livre : « Domestiquer l’espace public- 20 ans de design de mobilier urbain », Archibooks, mars 2011
Depuis 2009
Consultant stratégie design, veille et communication, Agence marc.aurel.caterina – design urbain, Cassis
2006 – 2007
Conseiller innovation et développement, Eco-conception, Pôle Innovation et Industrie, CCIMP
1996 – 2007
Service aux entreprises, prestations design, Département Conception Industrielle et Management de l’Innovation, Ecole Centrale Marseille
1993 – 1996
Responsable communication, publicité et développement de produits, Sté Boulet Frères et Cie, Conflans Ste Honorine
1993
Designer intégré, Agence Burkhard Vogtherr, Kandern-Holsen, Allemagne 1992 – 1993
Conception bureau d’études et design, Agence Tibor Arvaï Invention, Paris

Enseignement
Depuis 2001
Professeur d’enseignement artistique, ESADMM
2006 – 2007
Intervenant au sein du Mastère Spécialisé Management de l’Innovation et de la Qualité de l’Environnement, Centrale Marseille / Euromed, Marseille
1996 – 2007
Enseignant Chercheur, Ecole Centrale Marseille

Thèmes de recherche
Méthodes de conception, processus créatif et innovation, veille, démarche transdisciplinaire, stratégies collaboratives, innovation ouverte et ascendante

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Publication et valorisation des résultats.


La valorisation des résultats de recherche est une des dimensions essentielles de la reconnaissance de la recherche en design par la communauté scientifique mais aussi l’un des éléments déterminants de ses caractères constitutifs singuliers. Elle dépend donc à la fois des formes académiques traditionnelles mais de aussi de celles qui s’inventeront au cours de son développement afin de rendre compte de la nécessaire articulation entre production plastique et production écrite.

Publications et conférences

La valorisation des résultats de recherche passe donc par la publication d’articles, d’ouvrages collectifs, d’actes de colloques, de compte-rendu de séminaires… Il convient de distinguer dans cet ensemble, ce qui relève de la publication qualifiante, de la publication interne ou diffusée par d’autres réseaux que ceux de la publication académique. Nos objectifs de publication sont prioritairement tournés vers la rédaction d’articles sur appel à contribution des revues qualifiantes qui figurent dans les rubriques « architecture, arts plastiques, arts appliqués » et « esthétique, sciences de l’art » de la liste établie par l’AERES. Un service de veille spécifique est mis en place dans cet objectif.
Cette ambition, cependant, ne doit pas masquer la difficulté de cet objectif. La publication dans d’autres types de revues, sur appel à contribution, fait donc aussi partie de nos objectifs.

La publication est l’une des composantes essentielles de la formation à la recherche. Dans le cadre du troisième cycle d’Espaces sans qualités, les étudiants-chercheurs sont donc fortement incités à la publication au rythme d’un article par année de formation.

Publication électronique / site web.

L’ensemble des activités d’Espaces sans qualités (publications, compte-rendu de workshops, travaux, invitations, séminaires, appels à candidature, etc.) est diffusée en ligne sur le site web de l’unité de recherche1. Le site est conçu à la fois comme un espace de publication et de ressource collective dont les contenus se constituent tout le long des projets de recherche. Il permet de publier en permanence les derniers résultats (sous forme de textes, photos, images, vidéo) et les ressources documentaires sollicitées.
Le site constitue un socle de ressource pour la rédaction des documents scientifiques.
L’organisation de l’ensemble de ces documents sur le site est conçue pour qu’ils constituent à terme un rapport d’activité annuel.

Expérimentation de formats de valorisation

La pratique spécifique de la recherche en art et en design, la nécessité de mettre en évidence et de valoriser sa singularité, exige d’imaginer des formes de valorisation qui rende compte en même temps qu’elles contribuent à sa constitution.
L’exposition semble s’imposer comme l’un des formats à expérimenter pour mettre en évidence la pensée en train de se faire, l’état successif et/ou simultané des travaux, des propositions plastiques, mettre en espace la relation de la production plastique à l’écrit, à l’image, à la référence, à la théorie.
À terme, chaque étudiants-chercheur devra concevoir annuellement une exposition qui rende compte de son travail.

Dans le cadre de ces expérimentations, l’unité de recherche projette d’organiser deux expositions en 2013-2014 :
Octobre 2013 : une exposition d’Adelin Schweitzer, dont l’objectif est de mettre en évidence la continuité et/ou les ruptures plastiques et théoriques entre son travail d’artiste et la façon dont il envisage de le poursuivre au sein de son troisième cycle.
Janvier 2014 : une exposition « état de l’art » pour laquelle seront sélectionnées des œuvres, des projets, des textes qui rendent compte du socle référentiel et théorique sur lequel se basent les problématiques portées par l’unité de recherche.

Agenda de la recherche et structuration

Espaces sans qualité est un axe du laboratoire Insartis qui constitue également un troisième cycle de l’ESADMM, menant à un DSRD (Diplôme Supérieur de Recherche en Design) et accueille à ce titre des étudiants-chercheurs.
Le DRSD est un diplôme de recherche en trois ans qui préfigure la structuration d’un doctorat dans les années à venir, dont l’obtention dépend de la mise en regard d’une production plastique et d’une production écrite sous forme d’un mémoire.
Les étudiants-chercheurs sont recrutés tous les deux ans (au maximum 5 par années) selon un rythme qui permet aux étudiants de 1ère année de côtoyer les étudiants de 3è année.
L’agenda de l’unité de recherche est rythmé par la semestrialisation afin de rester en phase avec les activités pédagogiques des enseignants-chercheurs et avec le rythme des étudiants-chercheurs.

Chaque semestre est rythmé par :
une semaine de séminaire d’initialisation

une semaine de réunions méthodologiques

deux semaines disjointes de workshop auxquelles une semaine de production peut être ajoutée
une semaine de séminaire de recherche
Un voyage sera organisé annuellement pour des rencontres, visites, expériences permettant d’approfondir les questions de contextes.
Actuellement, l’unité de recherche accueille un étudiant-chercheur, Adelin Schweitzer, dont le recrutement sur appel à candidature (voir en annexe) a eu lieu en janvier 2013.
L’appel à candidature 2013 se structure autour d’un terrain d’étude spécifique, celui de la muséographie interactive, qui constitue pour nous un territoire singulier de l’espace public urbain.
La problématique de son projet de recherche (cf. annexes) est à ce jour en train de se préciser, ainsi que les modalités de son intervention au sein du Musée Départemental Arles Antique.

Actions menées dans le cadre de ce projet :
12 février 2013 : séminaire d’initialisation en présence de Pascale Picard, Commissaire de l’exposition « Rodin et la lumière de l’antique », Fabrice Denise, Directeur des publics, Dominik Barbier, Adelin Schweitzer, Ronan Kerdreux, Fabrice Pincin, Frédérique Entrialgo, Grégoire Lauvin et des étudiants participant au workshop Venus 2013 organisé par Dominik Barbier au Musée Départemental Arles Antique.
Du 11 au 15 février 2013 : semaine de workshop, Venus 2013, à l’ESADMM.
Du 11 au 15 mars : séances de travail avec Adelin Schweitzer (présentation de son travail d’artiste pour évaluation des prolongements possibles dans le cadre de son projet de recherche, directions méthodologiques).
Du 8 au 13 avril 2013 : semaine de workshop, Venus 2013, au Musée Départemental Arles Antique.

Objectifs et méthodologie.

Les objectifs de l’unité de recherche sont :

de contribuer à faire émerger le design en tant que discipline de recherche en :
solidifiant les méthodologies qui permettent le dialogue entre théorie et pratique qui caractérise la recherche par le projet.
contribuant à l’enrichissement théorique du design et à son épistémologie par la publication d’articles dans des revues qualifiantes et par l’organisation de colloques.
répondant à des appels à projet de recherche.
de tisser des relations transdisciplinaires avec d’autres structures de recherche universitaires et académiques en France et à l’étranger.
former des designers à la recherche et par la recherche
de tisser des liens et d’enrichir la pédagogie de la « phase projet » (organisation de séminaires, conférences et workshops communs entre « étudiants-chercheurs » et étudiants de quatrième et cinquième années, mise en place d’un parcours-initiation recherche à partir de la quatrième année).
l’expérimentation des formats de valorisation (cf. infra)
développer les partenariats avec les acteurs de la gestion et de la construction urbaine (architectes, urbanistes, géographes, élus et responsables administratifs…), avec le monde de l’industrie et de l’entreprise pour collaboration et développement d’applications.
produire et diffuser des dispositifs innovants dans le domaine de la muséographie et des pratiques urbaines

La recherche par le projet

La méthodologie mise en place dans le cadre d’une activité de recherche contribue pour une large part à la crédibilité scientifique de ce dernier. Cependant, la recherche que nous souhaitons mettre en œuvre au sein de l’unité de recherche Espaces sans qualité ne doit pas sacrifier la dimension sensible, expérimentale ou intuitive à la seule rigueur méthodologique. Les modèles de la « recherche-projet » (spécifique au design) développé par Alain Findeli ou de la « recherche-création » (appliqué à l’art et au design) développé par une équipe de l’HEAD dans le cadre du projet « creasearching », par leur volonté théorique de baser l’activité de recherche sur un dialogue entre théorie et pratique, constituent évidemment pour nous des supports incontournables. Cependant, ces modèles restent encore peu développés et ne constituent en aucun cas une « recette » méthodologique qu’il s’agirait de suivre pas à pas mais désignent davantage un principe méthodologique dans lequel s’inscrit un processus ouvert qui génère ses propres méthodes en fonction de chaque projet de recherche. C’est pourquoi nous avançons l’hypothèse de la recherche par le projet, où le projet, dans le cadre d’une activité de recherche en design, est conçu comme un outil d’analyse, d’expérimentation, d’observation et se distingue ainsi, par sa fonction et sa finalité, du projet de design.
Notre objectif est dans ce domaine est d’accompagner les étudiants-chercheurs dans l’énonciation de protocoles qui permettent de mettre en place des projets (entendus au sens d’outils expérimentaux), et, in fine, d’évaluer et de rendre compte des méthodes de recherche par le projet.

État de l’art et positionnement


Le « design numérique » au cœur des enjeux de la ville : entre promesses technologiques, quête du mieux vivre ensemble et ville durable.

Le paradigme constitué aujourd’hui par la question de la « ville numérique », porté par l’importance de ses enjeux, fait l’objet de nombreuses démarches et projets de recherches menés au sein d’une grande diversité de disciplines. Sa richesse et sa complexité se mesure à l’aune de la multiplicité des pratiques, des acteurs et des systèmes de pensée qui le traversent :
Il constitue d’une part en lui-même un terrain de recherche transdisciplinaire par essence où se conjuguent et se croisent les pensées et les pratiques d’acteurs multiples1 : urbanistes (François Ascher et « l’urbanisme de dispositif » et « l’individu hypertexte », Alain bourdin et la « civilisation métropolitaine », Serge Wachter et « La ville interactive ») géographes (Gabriel Dupuy au CRIA2, Jacques Lévy à l’INTER3), philosophes (Pierre Musso et sa réflexion sur les relations entre réseaux numériques et territoire), sociologues (Patrice Flichy et « l’individualisme connecté », Dominique Cardon au Laboratoire SENSE d’Orange Labs), ingénieurs (Fabien Girardin au laboratoire SENSEable City du MIT) – , politiques4, spécialistes de l’innovation (François Bellanger et « Transit City », la FING5 et le programme « ville 2.0 »…) et enfin structures de production de projets comme le programme Smart City6.
Ces recherches se situent d’autre part à la croisée de disciplines connexes ou concourantes comme le domaine des objets connectés, qui dans le prolongement de l’informatique ubiquitaire, désigne l’extension des réseaux numériques vers des lieux ou des objets du monde physique ou la discipline émergente de « l’urban computing » qui explore, interroge et propose des solutions innovantes dans l’usage des technologies numériques de l’information et de la communication dans l’espace public. Bien qu’essentiellement guidées par une approche technologique, le développement de solutions d’usages de techniques telles que le système GPS, les réseaux WiFi, les puces RFID, les codes 2D, la réalité augmentée dans l’espace urbain et dans les espaces publics, constituent bien entendu un point de repère essentiel à notre démarche.
En termes direct d’application, nous pouvons citer parmi celles qui retiennent notre attention : les propositions émises dans le cadre du programme de recherche et d’expérimentation « Grand Versailles Numérique » mené par le Centre de Recherche du château de Versailles qui renouvelle la visite des jardins du château  ou le projet « Street Museum » initié par le Musée de la Ville de Londres et développé par l’agence Brothers and Sisters qui permet d’afficher des vues anciennes de la ville dans la fenêtre d’un smartphone.
Pour mieux situer la lisière des choses sur laquelle nous nous situons, nous citerons deux projets qui illustrent selon nous la dimension sociale de l’innovation urbaine pour le premier, et la dimension sensible des espaces numériques pour le second :
dans Hôtel du Nord « l’hôtel » n’existe plus en tant que lieu physique délimité par les murs de son bâtiment mais se dissémine sur le territoire, chez l’habitant où la « pièce en plus », souvent inoccupée, devient une chambre pouvant héberger un visiteur. Ainsi, « l’hôtel » n’est visible dans son intégralité que dans sa forme numérique, sur le site web du projet ;
Light Painting Wifi de Timo Arnall : figé par une photographie à longue durée d’exposition, le mouvement d’une perche équipée de 80 leds qui affichent l’intensité des réseaux WiFi, forme une courbe le long des rues et des bâtiments. Les images ainsi générées, au delà de leurs qualités photographiques, révèlent une approche sensible possible de la qualité des signaux WiFi dans les espaces urbains, de leurs crépitements hasardeux, de leurs zones d’ombre, de leurs réaction à la masse des bâtiments.

Bien sûr, il convient de nous situer plus précisément sur ce terrain, en tant que structure de recherche d’une part et en tant que créateurs d’autre part, dans le double objectif de contribuer à préciser le rôle et la place du designer dans le processus de refondation urbaine en train de se jouer et de contribuer à délimiter les contours d’une recherche en design en cours de construction dans le contexte des écoles d’art en France.
Ainsi, notre approche consiste à combiner ce qui apparaît souvent comme disjoint dans les problématiques de recherche : interfaces et systèmes interactifs d’un côté, enjeux de la « ville durable » de l’autre. Notre postulat est que ces deux dimensions sont indissociables et qu’elles ne peuvent pas, du point de vue du design, être traitées séparément. De ce point de vue, notre démarche de recherche se base sur une approche du design comme interface entre innovation urbaine et innovation technologique. Il s’agit donc de construire une démarche de recherche qui articule les dimensions créatives, théoriques, expérimentales et techniques du projet avec les contraintes du principe de réalité, en collaboration avec acteurs de la ville (instances de gouvernances, acteurs associatifs et culturels, aménageurs et habitants).
Ce positionnement s’accompagne d’un point de vue théorique par une démarche qui vise à clarifier le terme de « design numérique ». Il est difficile de donner une définition à cette désignation inconfortable, aussi vague que réductrice et nous prendrons pour point de départ celle que propose Stéphane Vial dans son Court traité du design : « activité créatrice consistant à concevoir des expériences à l’aide de formes interactives produites dans des matières informatisées et organisées autour d’une interface. »7 Malgré toutes les qualités que l’on peut reconnaître à cette définition, notamment celle de mettre en évidence la notion d’expérience, elle nous semble encore trop exclusivement tournée vers une conception du numérique en tant qu’outil ou matériau.
Or, selon nous, le numérique est plus qu’une matière et bien plus qu’un outil, il est en grande partie ce qui détermine notre monde, il est ce qui contextualise nos existences et innerve ce que Bernard Stiegler nomme « Le nouveau monde industriel8.».
C’est à ce titre que nous proposons de nous en emparer, afin de limiter la portée du déterminisme technologique dans nos questionnements en profitant de l’heureuse concordance des temps qui rend concomitants l’évolution du modèle industriel et des pratiques du design avec l’émergence de la recherche dans ce domaine.
L’évolution du modèle industriel en appelle en effet à mettre en place de nouvelles relations entre design, industrie et utilisateurs ce qui signifie pour nous de ne pas se demander comment intégrer l’innovation technologique aux usages et aux pratiques urbaines (ou comment intégrer l’innovation technologique au design) mais mais de se demander comment le design peut agir sur l’innovation technique, comment la forme et les usages que l’on confère aux objets, aux services ou aux lieux modifie notre approche de la technologie, comment, enfin, le design peut davantage donner à l’utilisateur les moyens d’agir sur le réel et moins de le consommer et devenir un sujet et un objet d’engagement pour lui.

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3- Cf. l’étude menée par Sylvain Allemand pour le programme d’actions ville 2.0 de la FING, La recherche urbaine à l’heure de la ville 2.0
4- Centre de Recherche sur les Réseaux, l’Industrie et l’Aménagement.
5- Institut du Développement Territorial.
6- Cf. notamment l’appel à projet « ville numérique » lancé en février 2011 par le ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement – http://www.developpement-durable.gouv.fr/Investisse- ments-d-avenir-Lancement,21375.html ainsi que les nombreuses initiatives municipales telles que « Nice ville du sans contact mobile », « Bordeau cité digitale », ou « Toulouse numérique ».
7- Fondation Internet Nouvelle Génération.
8- « Laboratoire Européen d’innovation urbaine », projet porté par l’association Dédale et Paris Sud, Cité internationale universitaire de Paris
9- Stéphane Vial, Court traité du design, PUF, 2010
10- « Le design apparaît avec la deuxième période du capitalisme : période qui est essentiellement fondée sur et par le contrôle et la massification des comportements du consommateur. Ma thèse est que, à l’époque de la troisième forme d’organisation industrielle de la société, il faut inventer une nouvelle relation entre ce design et le milieu contributif, qu’il devrait se donner pour tâche première de « désigner » en contribuant lui-même à la confirmation et à la conception de son émergence. », Bernard Stiegler, Le « design » de nos existences à l’époque de l’innovation ascendante, Mille et une nuits, 2008.

Bibliographie indicative

Allemand Sylvain, Ascher François, Lévy Jacques, Le sens du mouvement. Modernité et mo- bilité dans les sociétés urbaines contemporaines, Éditions Belin, Paris, 2005.

Ardenne Paul, Terre habitée. Humain et urbain à l’ère de la mondialisation, Archibooks, 2011
Ascher François, Nouveaux principes de l’urbanisme, Editions de L’aube, Coll. Aube Poche, 2004.

Benghozi Pierre-Jean, Bureau Sylvain, L’internet des objets, Maison Des Sciences De L’homme, sept. 2009
Benjamin Walter, Sens Unique, Maurice Nadeau, 1988
Cauquelin Anne, À l’angle des mondes possibles, PUF, avr. 2010.

Chalumeau Jean-Luc, L’art dans la ville, Cercle d’art, 2000.
Châtelet Valérie (sous la direction de), Interactive Cities, Anomalie digital_arts nー6, HYX, 2007.
Davila Thierry, Marcher, créer. Déplacements, flâneries, dérives dans l’art de la fin du XXè siècle, Editions du Regard, 2002.

De certeau Michel, L’invention du quotidien, Tome 1 : Arts de faire, Gallimard, 1990.
Eychenne Fabien, La ville 2.0 ville complexe et familière, Fyp Editions, coll. « La fabrique des possibles », 2009.
Gracq Julien, La forme d’une ville, José Corti, 1985
Igoe, Tom, Making Thing Talk, Practical Methods for Connecting Physical Objects, O’Reilly Me- dia, sept. 2007.

Kaplan Daniel, Marcou Thierry, La ville 2.0 plate-forme d’innovation ouverte, Fyp Editions, coll. « La fabrique des possibles », 2009.

Mongin Olivier, La condition urbaine, La ville à l’heure de la mondialisation, Éditions du seuil, Paris, 2005.

Musso, Pierre, Réseaux et société, PUF, Coll. Politique Eclatée, 2003.

Nancy Jean-Luc, La ville, au loin, Mille et une nuits, Paris, 1999.

Nova Nicolas, Les médias géolocalisés, comprendre les nouveaux espaces numériques, FYP éditions, coll. Innovation, 2009.

Paquot Thierry, Lussault Michel, Younès Chris (dir.), Habiter, le propre de l’humain. Villes, territoires et philosophie, La découverte, 2007
Piano Renzo, Penser la ville heureuse, Parenthèses, 2011
Picon Antoine, La ville territoire des cyborgs, Les éditions de l’imprimerie, 1998
Soulier Nicolas, Reconquérir les rues, Ulmer, 2012
Stiegler Bernard (sous la direction de), Le design de nos existences à l’époque de l’innovation ascendante, Entretiens du nouveau monde industriel, Mille et une nuits, 2008.

Urlberger Andrea, Parcours artistiques et virtualités urbaines, L’harmattan, 2003.
Vial Stéphane, Court traité du design, PUF, 2010
Wachter Serge, La ville Interactive, L’Harmattan, 2010

Comment, dans un contexte de fuite en avant technologique, contribuer à créer les conditions d’un « mieux-vivre-ensemble » dans une ville-monde qu’il s’agit de rendre habitable ?

Délimitation de l’objet de recherche et problématique

Comment, dans un contexte de fuite en avant technologique, contribuer à créer les conditions d’un « mieux-vivre-ensemble » dans une ville-monde qu’il s’agit de rendre habitable ?

Notre réflexion actuelle prend sa source dans un constat émis il y a quelques années de l’émergence d’une ville dite « numérique » et du formidable terrain d’expérimentation qu’elle constituait pour le design. Nous écrivions alors dans un texte pour nous fondateur (cf. annexes) :

« Les technologies numériques, dont le développement a amplifié et accéléré les mutations urbaines entamées à la fin du XIXè siècle, infiltrent aujourd’hui les espaces urbains, en modifient le paysage aussi bien que leurs usages et modes de gouvernance. Les données qui transitent par les réseaux de communication GSM, les réseaux WiFi, les infrastructures de transport et d’information des usagers, les dispositifs de surveillance ou les équipements RFID s’agrègent au milieu urbain et produisent et distribuent en permanence des espaces dont la nature se modifie sous le régime de l’hybridation entre espace physique (espace matériel, espace bâti) et « espace numérique », où la connectivité permanente, les systèmes de géolocalisation, l’informatique ubiquitaire et mobile modifient en profondeur les modes d’être urbains à l’échelle individuelle et collective.
La question qui préoccupe le design au sein de cette problématique est de savoir comment qualifier ces mises en tension permanentes qui caractérisent cette ville contemporaine (global/local, privé/public, anonymat/surveillance, individu/collectif, intérieur/extérieur, espaces bâtis/espaces des flux,…), comment s’orienter dans un environnement aux frontières poreuses, dans des lieux complexes, multiples et fragmentés, comment matérialiser l’effectivité d’une interrelation entre les corps, les lieux et les réseaux de communication numérique, bref comment donner forme et sens à ce que nous proposons d’appeler, en écho à la figure de L’Homme sans qualités de Robert Musil, des « espaces sans qualités ». »

Ces questions impliquent qu’il s’agit désormais d’habiter en ville des territoires dits « hybrides », formés de la rencontre entre le numérique et le bâti, entre le monde des données qui transitent par les réseaux de communication numérique et celui des rues, des bâtiments, du mobilier urbain, et de la multitude des objets en transit. Ce mouvement résulte historiquement d’une embardée technologique survenue dans les années 90 (mais initiée dans les années 80 avec les débuts de l’informatique ubiquitaire qui consiste à intégrer les technologies numériques dans les objets du quotidien) qui modifie considérablement les relations entre l’espace, les corps, et le numérique. Annick Bureaud décrit très bien ce mouvement qui entérine la « sortie de l’écran » :
« Pendant des années, la grande affaire fut d’essayer « d’entrer » dans l’espace numérique, celui de la réalité virtuelle d’abord, puis du cyberespace, de « l’habiter ». Depuis quelques années (fin des années 1990 environ), on assiste à la tendance inverse qui est d’incarner le cyberespace, le monde numérique, dans l’espace physique, renouant ainsi avec la notion de réalité étendue (expanded reality) de la fin des années 1970. »1
Ce mouvement produit un changement de paradigme dans la culture numérique où d’une approche essentiellement centrée sur la « cyberculture » (où le monde est simulé sur écran d’ordinateur) on cherche à l’inverse à rendre compte de la réalité physique et du rapport sensible aux données et aux territoires numériques. Bien sûr, ce retournement entraîne avec lui une modification de l’horizon théorique de la culture numérique où se traite notamment la nécessité de réévaluer la nature et les conditions de la relation du corps au monde2.

La ville comme formidable terrain d’innovation et d’expérimentation ne s’est pas démenti depuis et a même continué de croître pour devenir l’un des paradigmes dominants de ce début du XXIè siècle, cristallisant les enjeux concourants du développement des technologies numériques, de la communication en réseau, du devenir des espaces critiques et démocratiques, du « développement durable ».
C’est plus que jamais au cœur de cet ample mouvement de réflexion transdisciplinaire, que se situent les questionnements de notre unité de recherche qui se précisent à l’aune d’une nécessaire mise à distance critique du déploiement des technologies numériques dans l’espace urbain :
quels sont les usages, les pratiques, les formes et les objets d’une ville dite « numérique » ?
comment contribuer à l’innovation urbaine dans un contexte complexe où se nouent des enjeux multiples et parfois contradictoires (multiplication des services mais prolifération de données, accessibilité généralisée mais surconsommation énergétique) ?
comment, dans un contexte qui s’apparente à une fuite en avant technologique, le design peut-il s’inscrire à l’articulation des enjeux de la ville numérique et de la ville durable ?
À travers ces questions, ces changements de paradigme, c’est le constat d’un monde en mutation qui se pose et par conséquent c’est aussi la pratique du design qu’il s’agit de réévaluer à travers les notions de design de service, de design de systèmes, de visualisation d’information, d’innovation ascendante, etc.
Dans ce contexte très large, trois axes, pour l’essentiel, articulent ces questionnements :
les lieux et les parcours, ou l’idée de renouveler le rapport du déplacement des corps dans la ville, par des dispositifs qui réagissent à la captation des corps dans l’espace urbain ;
la muséographie interactive, ou l’idée d’une exposition dont les contenus s’adaptent à son visiteur, d’une visite davantage basées sur le régime de l’expérience physique que sur celui de la lecture didactique où le corps entre en jeu entre lecture contextualisée et espace éprouvé ; la ville « adaptative » ou l’idée d’une ville « dynamique » qui d’adapte en permanence à ses conditions d’usage, au nombre de personnes sous un abribus, aux données environnementales, aux événements qui ont lieu ailleurs.

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1- Annick Bureaud, « Le cyberespace est‐il ailleurs ? », in Les basiques : art « multimedia », OLATS, en ligne, [http://www.olats.org/livresetudes/basiques/8_basiques.php].
2- Notamment à travers la relecture de la pensée de Leroi-Gourhan et Simondon par Bernard Stiegler.

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Historique schématique d’espacessansqualités

Juin 2004
Projet « Convergences – Art, Architecture et Ingénierie »
Sélection dans le cadre de l’appel à projet de recherche du BRAUP et de l’INHA « Art, Architecture et Paysage, Programme Interdisciplinaire de Recherche ».

BRAUP : Bureau de la Recherche Architecturale, Urbaine et Paysagère, Ministère de la Culture et de la Communication.
INHA : Institut National d’Histoire de l’Art.

Mars 2005
Séminaire de l’équipe Insartis à Tunis (École Nationale
d’Architecture et d’Urbanisme)

Septembre 2005
Rapport de recherche intermédiaire

Octobre 2005
L’équipe du projet décide de demander sa constitution en équipe de recherche émergente InsARTis après avoir réuni les directeurs des trois établissements de rattachement (8 juillet 2005) :
– École Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille
– École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille (devenue en janvier 2012 École Supérieure d’Art et de Design Marseille-Méditerranée)
– École Universitaire d’Ingénieurs Polytech’Marseille

Mars 2006
Cette expérience de recherche associant une école d’art fait l’objet d’une intervention aux « Assises des écoles supérieures d’art » à Renne (catalogue publié par le Ministère de la Culture et de la Communication et la Coordination Nationale des Enseignants des Écoles d’Art).

Mars 2006
Séminaire de l’équipe Insartis à Marseille

Septembre 2006 Voyage d’étude à Rotterdam et Delfte (Agence ONL et laboratoire Hyperdoby Research Group)

Plusieurs expériences d’enseignements croisés sont organisés à plusieurs niveaux (semestres 3, 8 et 10) entre l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille et l’ École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille :

workshops « pont habitable »
workshop « mobilier urbain » avec l’Institut d’Architecture Lambert Lombard de Lièges et l’entreprise Jean-Claude Decaux
ateliers d’un semestre « flotter, une plage, le large » 5 années scolaire successives
workshop « bateaubus » 4 éditions dont une avec l’École Nationale d’Architecture et d’Urbanisme et une avec le Département Hypermédia-Communication de l’Université de Savoie.

Elles permettent de préciser les questions de méthodologies spécifiques aux territoires disciplinaires, d’ingéniérie collaborative, de rythmes, d’émergence de la forme pour des étudiants issus de formations différentes mais dont le travail est complémentaire. Ces expériences font l’objets de compte-rendus dans les séminaires de recherche de l’équipe InsARTis.

Décembre 2006
Séminaire de l’équipe Insartis à Marseille

Mai 2007
Le contrat de recherche fait l’objet de conclusions sous la forme d’un article « Limites des projets et univers numérique ». Les résultats en sont présentés aux « Ateliers de la Recherche en Design » à Nancy.

Progressivement, les problématiques abordées se précisent, font l’objet de réunions au sein de l’équipe, impactent les enseignements dont sont responsables les membres de l’équipe.
Le Studio Lentigo (natif de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille), par exemple, aborde des questions de design sous un angle plus ouvert, plus prospectif, teste des hypothèses d’enseignement à distance, pratique les technologies numériques.

2007
InsARTis est habilitée comme équipe de recherche par le Braup

2008, 2009
InsARTis se structure en axes de recherche :

1- Outils numériques, supports et liens de situations collaboratives dans le projet architectural ;
2- Systèmes d’évaluation de la qualité architecturale dans le projet ;
3- Equipes pluridisciplinaires constituées ponctuellement, “faire projet ensemble”.

L’École Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille ouvre un doctorat associé à l’Ecole Doctorale 355 (Espaces, Natures, Sociétés) dont InsARTis est un des laboratoires.

Les enseignants chercheurs de l’École Supérieure des Beaux-Arts, devenue École Supérieure d’Art et de Design Marseille-Méditerranée (janvier 2012) précisent l’axe “faire projet ensemble” et le développent sous la forme d’un axe « espaces sans qualités » qui place l’espace urbain et les espaces publics au centre des recherches.

2010
Frédérique Entrialgo, Ronan Kerdreux : « Pour un design du questionnement, espace urbain, design et dimensions numériques » in « Circunvoluções Digitais II » sous la direction de José Quaresma et Fernando Rosa Dias, éd. CIEBA – Secçao Cibearte, Faculdade de Belas-Artes da Universidade de Lisboa

2011
Frédérique Entrialgo, Ronan Kerdreux : « La recherche sur ou par le design » in « Investigaçao em Arte e Design, Fendas no metodo e na Criaçao » sous la direction de José Quaresma, Fernando Paulo Rosa Dias et Juan Carlos Ramos Guadixs, éd. CIEBA – Secçao Cibearte, Faculdade de Belas-Artes da Universidade de Lisboa

Avril 2012
Le Conseil Scientifique et Pédagogique de l’École Supérieure d’Art et de Design Marseille-Méditerranée valide la transformation de l’axe « espaces sans qualités » en troisième cycle spécifiquement rattaché à l’école. Il est suivi dans cette proposition par le Conseil d’Administration.

Janvier 2013
Trois enseignants chercheurs de l’Université de Savoie (Département Hypermédi-Communication, Institut d’Administration des Entreprises) font une demande à InsARTis pour devenir chercheurs associés de l’équipe avec une orientation vers l’axe “espaces sans qualités”. La délibération du bureau de l’équipe est positive.

Janvier 2013
« espaces sans qualités » recrute son premier étudiant chercheur, Adelin Schweitzer

Février 2013
Sous l’impulsion de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille, des discussions sont ouvertes pour la création d’un Institut Méditerranéen de la Ville et des Territoires. Ces discussions concernent Euromed Management, l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille, l’École Supérieure d’Art et de Design Marseille-Méditerranée, Polytech’Marseille, l’École Nationale Supérieure du Paysage, l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional et se préoccupe particulièrement de la recherche au sein des établissements sus-cités.

Mars 2013
Des discussions sont ouvertes avec l’école Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence pour la mise en place commune d’un « parcours initiation recherche » entre les deux écoles d’art.

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